Les règles du solitaire : tout ce qu'il faut savoir
Le solitaire est l'un des jeux de cartes les plus joués au monde, et l'un des plus mal compris. Pas parce qu'il est difficile — il tient en quatre règles — mais parce que le mot « solitaire » désigne des choses très différentes selon qui l'emploie.
Cette page présente les règles du solitaire de cartes : le socle commun à toutes les variantes, puis ce qui change quand on ajoute des jeux de cartes. Chaque section renvoie vers les variantes concernées, et toutes sont jouables immédiatement.
D'abord : est-ce bien ce solitaire-là que vous cherchez ?
C'est la confusion numéro un, et elle mérite trente secondes. En français, « solitaire » désigne au moins quatre choses sans rapport :
| Ce que vous cherchez | Ce que c'est | Où aller |
|---|---|---|
| Le solitaire de cartes | Un jeu de patience à 52 cartes, joué seul. C'est le sujet de cette page. | Vous y êtes |
| Le solitaire à billes | Un jeu de plateau en bois ou en verre, avec des pions et des trous. Aussi appelé « solitaire européen ». | Pas des cartes |
| Le Mahjong solitaire | Un jeu de tuiles chinoises à apparier. Aucun rapport avec les cartes. | Jeu de tuiles |
| Le ver solitaire | Un parasite intestinal. La requête « solitaire » mène parfois là. | Un médecin |
Si vous êtes ici pour les billes, le plateau ou le mahjong, les règles qui suivent ne vous serviront pas — et c'est normal : ce sont d'autres jeux qui ont hérité du même nom. Si vous cherchez le jeu de cartes que l'on joue seul, vous êtes exactement au bon endroit.
Le socle commun : les 4 règles que partagent toutes les variantes
Il existe des centaines de variantes du solitaire, et notre site en propose déjà 35 jouables. Pourtant, toutes reposent sur les mêmes quatre principes. Les maîtriser, c'est pouvoir jouer n'importe quelle variante du jour au lendemain.
1. Le but : reconstituer les quatre enseignes
L'objectif est toujours le même : ranger toutes les cartes dans les fondations, par enseigne (♠ ♥ ♦ ♣) et dans l'ordre croissant, de l'As au Roi. Une partie est gagnée quand les quatre fondations sont complètes.
2. Le tableau : des colonnes de cartes
Les cartes y sont étalées face visible — et souvent face cachée par-dessus, au départ. Le tableau est la zone où l'on joue réellement. Dans la plupart des variantes à un jeu, il compte 7 colonnes, mais ce nombre varie : 10 pour le Spider, 8 ou 10 pour les Voleurs, 12 ou 13 pour les grandes variantes.
3. Les déplacements : alternance et ordre décroissant
C'est la règle qu'il faut retenir. Au tableau, on ne pose une carte que sur une carte de rang immédiatement supérieur et de couleur opposée. Les familles de séquences se construisent ainsi, en descendant, en alternant les couleurs.
Cette règle est celle du Klondike et de la grande majorité des variantes. Elle connaît deux exceptions notables, signalées plus bas : les Voleurs et le Scorpion, où l'on empile par enseigne et non par couleur alternée.
4. La pioche : réserve de cartes restantes
Le reste du paquet forme la pioche. On y retourne des cartes pour les mettre en jeu. Selon la variante, on tire une carte ou trois cartes à la fois, et la défausse peut être recyclée ou non. C'est le principal levier de difficulté : à jeu égal, tirer trois cartes rend une partie nettement plus dure.
Combien de cartes pour jouer au solitaire ?
| Cartes | Ce que ça donne | Exemples jouables |
|---|---|---|
| 52 cartes | Le format standard : 7 colonnes, 4 fondations, 24 cartes en pioche. | Klondike, Spider, FreeCell, Yukon |
| 104 cartes | Deux jeux mélangés : 9 colonnes et 8 fondations en général. | Double Klondike, Double FreeCell, Double Scorpion |
| 156 cartes | Trois jeux mélangés : 10 à 12 colonnes, jusqu'à 12 fondations. | Triple Klondike, Triple Scorpion, 60 Voleurs |
| 32 cartes | Ce format n'existe pas pour le solitaire : 7 colonnes réclament 28 cartes au minimum, et les règles supposent 4 enseignes complètes sur 13 rangs. | Belote, tarot |
Une carte est parfois retirée du jeu (une couleur entière, ou un Roi) dans certaines variantes anciennes, ce qui donne 51 cartes. Mais le jeu de 54 cartes à deux jokers n'est utilisé par aucune des variantes jouables ici.
La mise en place, concrètement
Avec un jeu de 52 cartes — le cas le plus courant — voici comment on distribue, en prenant le Klondike comme référence :
- La première colonne reçoit une carte, face visible.
- La deuxième en reçoit deux : une face cachée, une face visible.
- La troisième en reçoit trois, et ainsi de suite jusqu'à la septième colonne, qui compte sept cartes dont une seule visible.
Cela mobilise 28 cartes. Les 24 restantes forment la pioche. Notez déjà que 28 est le minimum absolu pour un tableau à 7 colonnes : c'est pourquoi un jeu de 32 cartes ne peut mathématiquement pas servir à jouer au solitaire classique.
Les coups autorisés, variante par variante
C'est ici que les familles divergent. Toutes respectent le socle, mais chacune incline une règle différemment :
| Famille | Ce qui la rend unique | Difficulté |
|---|---|---|
| Klondike | La référence : colonnes, alternance des couleurs, pioche à 1 ou 3 cartes. | Facile à moyen |
| Spider | On empile par enseigne. Une séquence complète de 13 cartes se retire du jeu quand elle est finie. | Moyen |
| FreeCell | Aucune carte cachée : tout est visible du premier coup d'œil. | Accessible |
| Scorpion | Comme le Spider, on empile par enseigne — mais aucune carte n'est mise de côté. | Difficile |
| Yukon | On peut déplacer un paquet entier, même si les cartes ne se suivent pas. | Moyen |
| Voleurs | Le plus ancien des solitaires, et le plus dur : aucune carte posée au tableau n'est libre, on ne joue que sur la pioche. | Très difficile |
| Pyramide | Disposition en pyramide, on retire des paires qui totalisent 13. | Moyen |
| Golf & dérivés | Variantes courtes, à une seule règle forte chacune, idéales pour cinq minutes. | Facile |
Les variantes à essayer selon la famille
♠ Klondike — la référence
Le solitaire que tout le monde connaît. Commencez ici si c'est votre première partie.
🕷 Spider — tout est visible, rien n'est facile
Une séquence complète de 13 cartes se retire du jeu. Le nombre de couleurs change tout.
♻️ FreeCell — le jeu d'analyse
Aucune carte cachée : c'est le meilleur terrain pour apprendre à anticiper.
🦂 Scorpion & Yukon — pour les joueurs confirmés
Empilement par enseigne, aucune mise de côté, paquets entiers déplaçables.
🃏 Les Voleurs — le défi historique
Le plus ancien solitaire connu. Aucune carte du tableau n'est libre : tout passe par la pioche.
🔺 Pyramide & variantes courtes
Des règles différentes, plus visuelles, parfaites pour une partie de cinq minutes.
Quelle est la variante la plus facile ?
La difficulté d'une partie de solitaire dépend presque entièrement de trois réglages. Il est utile de les connaître avant de choisir :
| Réglage | Effet sur la difficulté | Le plus permissif |
|---|---|---|
| Le tirage | Une carte à la fois est beaucoup plus permissif que trois. | Klondike tirage 1 |
| Les cartes cachées | Moins il y en a, plus on peut planifier. | FreeCell |
| Le nombre de cartes | Passer de 52 à 104 ou 156 multiplie les zones à gérer sans simplifier les règles. | Rester à 52 cartes |
À l'inverse, si vous cherchez le défi : les 40 Voleurs puis les 60 Voleurs sont réputés parmi les plus exigeants. Aucune carte du tableau n'y est libre, ce qui interdit toute construction progressive.
Trois principes qui changent vraiment les parties
- Libérez les As en priorité. Une fondation qui avance débloque les cartes suivantes de la même enseigne. Un As posé tôt change toute la physionomie de la partie.
- Ne videz pas une colonne pour rien. Une colonne vide est une ressource rare : on n'y place que le Roi, et il vaut mieux la garder disponible que la combler trop vite.
- Retournez les cartes cachées avant d'optimiser. Tant qu'une carte est face cachée, vous jouez à l'aveugle. Découvrir prime souvent sur la séquence idéale.
Pour aller plus loin sur ce terrain, notre guide 7 conseils pour gagner au solitaire Klondike détaille chaque principe avec des exemples de partie.
Les erreurs de lecture les plus fréquentes
| Ce que l'on croit | La réalité |
|---|---|
| On ne pose que sur une carte identique | Non : au tableau, on pose sur un rang supérieur de couleur opposée. Aux fondations, on monte par enseigne. |
| Les deux directions sont les mêmes | Non : sur les fondations on monte (As → Roi), sur le tableau on descend (Roi → As). Ce sont deux mouvements inverses. |
| Toutes les parties sont gagnables | Non : certaines distributions sont bloquées dès le départ, quelle que soit votre habileté. |
Passer à la pratique
Choisissez une variante : les règles s'appliquent automatiquement, aucune configuration nécessaire. Les parties sont sauvegardées et les coups annulables à volonté.
Si les règles spécifiques d'une variante vous manquent, chaque jeu a sa page dédiée dans toutes les variantes. Et si vous préférez une approche guidée, pas à pas, notre tutoriel pour débutant reprend chaque étape avec des exemples — c'est un complément à cette page, pas un doublon.
Questions fréquentes sur les règles du solitaire
Avec un jeu de 52 cartes, sans joker. Les variantes avancées réunissent deux jeux (104 cartes) ou trois jeux (156 cartes) pour multiplier les colonnes et les fondations.
Non. Un tableau à 7 colonnes réclame au minimum 28 cartes, et les règles supposent les quatre enseignes complètes sur 13 rangs. Un jeu de 32 cartes sert à la belote ou au tarot, pas au solitaire.
Non. Certaines distributions sont bloquées dès le départ. La proportion de parties gagnables dépend de la variante et du nombre de cartes tirées à la pioche.
Aucune : ce sont trois noms pour le même jeu. « Patience » est l'appellation traditionnelle, « réussite » est courante dans plusieurs régions francophones, et « solitaire » est le nom le plus utilisé aujourd'hui.
Le solitaire, par définition, se joue seul — c'est même l'origine de son nom. Il existe des jeux de cartes à deux inspirés des mêmes principes, mais ils ont leurs propres règles.