Les règles du solitaire : tout ce qu'il faut savoir

Le solitaire est l'un des jeux de cartes les plus joués au monde, et l'un des plus mal compris. Pas parce qu'il est difficile — il tient en quatre règles — mais parce que le mot « solitaire » désigne des choses très différentes selon qui l'emploie.

Cette page présente les règles du solitaire de cartes : le socle commun à toutes les variantes, puis ce qui change quand on ajoute des jeux de cartes. Chaque section renvoie vers les variantes concernées, et toutes sont jouables immédiatement.

Au sommaire
  1. Est-ce le bon solitaire ?
  2. Le socle commun en 4 règles
  3. Combien de cartes ?
  4. La mise en place
  5. Les coups par famille
  6. Quelle variante est facile ?
  7. Trois principes utiles
  8. Les erreurs de lecture
  9. Passer à la pratique
  10. Questions fréquentes

D'abord : est-ce bien ce solitaire-là que vous cherchez ?

C'est la confusion numéro un, et elle mérite trente secondes. En français, « solitaire » désigne au moins quatre choses sans rapport :

Ce que vous cherchez Ce que c'est Où aller
Le solitaire de cartes Un jeu de patience à 52 cartes, joué seul. C'est le sujet de cette page. Vous y êtes
Le solitaire à billes Un jeu de plateau en bois ou en verre, avec des pions et des trous. Aussi appelé « solitaire européen ». Pas des cartes
Le Mahjong solitaire Un jeu de tuiles chinoises à apparier. Aucun rapport avec les cartes. Jeu de tuiles
Le ver solitaire Un parasite intestinal. La requête « solitaire » mène parfois là. Un médecin

Si vous êtes ici pour les billes, le plateau ou le mahjong, les règles qui suivent ne vous serviront pas — et c'est normal : ce sont d'autres jeux qui ont hérité du même nom. Si vous cherchez le jeu de cartes que l'on joue seul, vous êtes exactement au bon endroit.

Trois noms pour un seul jeu. En français, ce jeu s'appelle indifféremment solitaire (le plus courant aujourd'hui), patience (le nom traditionnel) ou réussite (courant dans plusieurs régions francophones). Les trois renvoient au même jeu et aux mêmes règles.

Le socle commun : les 4 règles que partagent toutes les variantes

Il existe des centaines de variantes du solitaire, et notre site en propose déjà 35 jouables. Pourtant, toutes reposent sur les mêmes quatre principes. Les maîtriser, c'est pouvoir jouer n'importe quelle variante du jour au lendemain.

1. Le but : reconstituer les quatre enseignes

L'objectif est toujours le même : ranger toutes les cartes dans les fondations, par enseigne (♠ ♥ ♦ ♣) et dans l'ordre croissant, de l'As au Roi. Une partie est gagnée quand les quatre fondations sont complètes.

Objectif — une fondation complète, de l'As au Roi
As
2
3
…
Roi
On monte de l'As vers le Roi, par enseigne Une fondation par enseigne

2. Le tableau : des colonnes de cartes

Les cartes y sont étalées face visible — et souvent face cachée par-dessus, au départ. Le tableau est la zone où l'on joue réellement. Dans la plupart des variantes à un jeu, il compte 7 colonnes, mais ce nombre varie : 10 pour le Spider, 8 ou 10 pour les Voleurs, 12 ou 13 pour les grandes variantes.

3. Les déplacements : alternance et ordre décroissant

C'est la règle qu'il faut retenir. Au tableau, on ne pose une carte que sur une carte de rang immédiatement supérieur et de couleur opposée. Les familles de séquences se construisent ainsi, en descendant, en alternant les couleurs.

Le mouvement de base — un rouge sur un noir
8 noir
←
7 rouge
✓ Autorisé — rang inférieur, couleur opposée
8 noir
✕
7 noir
✕ Interdit — même couleur
Rang immédiatement supérieur + couleur opposée

Cette règle est celle du Klondike et de la grande majorité des variantes. Elle connaît deux exceptions notables, signalées plus bas : les Voleurs et le Scorpion, où l'on empile par enseigne et non par couleur alternée.

4. La pioche : réserve de cartes restantes

Le reste du paquet forme la pioche. On y retourne des cartes pour les mettre en jeu. Selon la variante, on tire une carte ou trois cartes à la fois, et la défausse peut être recyclée ou non. C'est le principal levier de difficulté : à jeu égal, tirer trois cartes rend une partie nettement plus dure.

Combien de cartes pour jouer au solitaire ?

Réponse courte : 52 cartes, sans joker, pour la grande majorité des variantes. Les formats avancés réunissent 104 cartes (deux jeux) ou 156 cartes (trois jeux) pour multiplier les colonnes et les fondations.
Cartes Ce que ça donne Exemples jouables
52 cartes Le format standard : 7 colonnes, 4 fondations, 24 cartes en pioche. Klondike, Spider, FreeCell, Yukon
104 cartes Deux jeux mélangés : 9 colonnes et 8 fondations en général. Double Klondike, Double FreeCell, Double Scorpion
156 cartes Trois jeux mélangés : 10 à 12 colonnes, jusqu'à 12 fondations. Triple Klondike, Triple Scorpion, 60 Voleurs
32 cartes Ce format n'existe pas pour le solitaire : 7 colonnes réclament 28 cartes au minimum, et les règles supposent 4 enseignes complètes sur 13 rangs. Belote, tarot

Une carte est parfois retirée du jeu (une couleur entière, ou un Roi) dans certaines variantes anciennes, ce qui donne 51 cartes. Mais le jeu de 54 cartes à deux jokers n'est utilisé par aucune des variantes jouables ici.

La mise en place, concrètement

Avec un jeu de 52 cartes — le cas le plus courant — voici comment on distribue, en prenant le Klondike comme référence :

  1. La première colonne reçoit une carte, face visible.
  2. La deuxième en reçoit deux : une face cachée, une face visible.
  3. La troisième en reçoit trois, et ainsi de suite jusqu'à la septième colonne, qui compte sept cartes dont une seule visible.
Le tableau du Klondike après distribution
1 visible
2 cartes
3 cartes
4 cartes
5 cartes
6 cartes
7 cartes
Cartes face cachée (dos rouge) Seule la dernière carte est retournée 28 cartes utilisées — les 24 restantes forment la pioche

Cela mobilise 28 cartes. Les 24 restantes forment la pioche. Notez déjà que 28 est le minimum absolu pour un tableau à 7 colonnes : c'est pourquoi un jeu de 32 cartes ne peut mathématiquement pas servir à jouer au solitaire classique.

Les coups autorisés, variante par variante

C'est ici que les familles divergent. Toutes respectent le socle, mais chacune incline une règle différemment :

Famille Ce qui la rend unique Difficulté
Klondike La référence : colonnes, alternance des couleurs, pioche à 1 ou 3 cartes. Facile à moyen
Spider On empile par enseigne. Une séquence complète de 13 cartes se retire du jeu quand elle est finie. Moyen
FreeCell Aucune carte cachée : tout est visible du premier coup d'œil. Accessible
Scorpion Comme le Spider, on empile par enseigne — mais aucune carte n'est mise de côté. Difficile
Yukon On peut déplacer un paquet entier, même si les cartes ne se suivent pas. Moyen
Voleurs Le plus ancien des solitaires, et le plus dur : aucune carte posée au tableau n'est libre, on ne joue que sur la pioche. Très difficile
Pyramide Disposition en pyramide, on retire des paires qui totalisent 13. Moyen
Golf & dérivés Variantes courtes, à une seule règle forte chacune, idéales pour cinq minutes. Facile

Les variantes à essayer selon la famille

♠ Klondike — la référence

Le solitaire que tout le monde connaît. Commencez ici si c'est votre première partie.

🕷 Spider — tout est visible, rien n'est facile

Une séquence complète de 13 cartes se retire du jeu. Le nombre de couleurs change tout.

♻️ FreeCell — le jeu d'analyse

Aucune carte cachée : c'est le meilleur terrain pour apprendre à anticiper.

🦂 Scorpion & Yukon — pour les joueurs confirmés

Empilement par enseigne, aucune mise de côté, paquets entiers déplaçables.

🃏 Les Voleurs — le défi historique

Le plus ancien solitaire connu. Aucune carte du tableau n'est libre : tout passe par la pioche.

🔺 Pyramide & variantes courtes

Des règles différentes, plus visuelles, parfaites pour une partie de cinq minutes.

Quelle est la variante la plus facile ?

La difficulté d'une partie de solitaire dépend presque entièrement de trois réglages. Il est utile de les connaître avant de choisir :

Réglage Effet sur la difficulté Le plus permissif
Le tirage Une carte à la fois est beaucoup plus permissif que trois. Klondike tirage 1
Les cartes cachées Moins il y en a, plus on peut planifier. FreeCell
Le nombre de cartes Passer de 52 à 104 ou 156 multiplie les zones à gérer sans simplifier les règles. Rester à 52 cartes

À l'inverse, si vous cherchez le défi : les 40 Voleurs puis les 60 Voleurs sont réputés parmi les plus exigeants. Aucune carte du tableau n'y est libre, ce qui interdit toute construction progressive.

Trois principes qui changent vraiment les parties

  1. Libérez les As en priorité. Une fondation qui avance débloque les cartes suivantes de la même enseigne. Un As posé tôt change toute la physionomie de la partie.
  2. Ne videz pas une colonne pour rien. Une colonne vide est une ressource rare : on n'y place que le Roi, et il vaut mieux la garder disponible que la combler trop vite.
  3. Retournez les cartes cachées avant d'optimiser. Tant qu'une carte est face cachée, vous jouez à l'aveugle. Découvrir prime souvent sur la séquence idéale.

Pour aller plus loin sur ce terrain, notre guide 7 conseils pour gagner au solitaire Klondike détaille chaque principe avec des exemples de partie.

Les erreurs de lecture les plus fréquentes

Ce que l'on croit La réalité
On ne pose que sur une carte identique Non : au tableau, on pose sur un rang supérieur de couleur opposée. Aux fondations, on monte par enseigne.
Les deux directions sont les mêmes Non : sur les fondations on monte (As → Roi), sur le tableau on descend (Roi → As). Ce sont deux mouvements inverses.
Toutes les parties sont gagnables Non : certaines distributions sont bloquées dès le départ, quelle que soit votre habileté.

Passer à la pratique

Choisissez une variante : les règles s'appliquent automatiquement, aucune configuration nécessaire. Les parties sont sauvegardées et les coups annulables à volonté.

♠ Jouer au Klondike — le plus accessible ♻️ FreeCell — tout est visible 🃏 40 Voleurs — le défi

Si les règles spécifiques d'une variante vous manquent, chaque jeu a sa page dédiée dans toutes les variantes. Et si vous préférez une approche guidée, pas à pas, notre tutoriel pour débutant reprend chaque étape avec des exemples — c'est un complément à cette page, pas un doublon.

Questions fréquentes sur les règles du solitaire

Avec combien de cartes joue-t-on au solitaire ?
Avec un jeu de 52 cartes, sans joker. Les variantes avancées réunissent deux jeux (104 cartes) ou trois jeux (156 cartes) pour multiplier les colonnes et les fondations.
Le solitaire se joue-t-il à 32 cartes ?
Non. Un tableau à 7 colonnes réclame au minimum 28 cartes, et les règles supposent les quatre enseignes complètes sur 13 rangs. Un jeu de 32 cartes sert à la belote ou au tarot, pas au solitaire.
Le solitaire est-il toujours gagnable ?
Non. Certaines distributions sont bloquées dès le départ. La proportion de parties gagnables dépend de la variante et du nombre de cartes tirées à la pioche.
Quelle différence entre le solitaire, la patience et la réussite ?
Aucune : ce sont trois noms pour le même jeu. « Patience » est l'appellation traditionnelle, « réussite » est courante dans plusieurs régions francophones, et « solitaire » est le nom le plus utilisé aujourd'hui.
Peut-on jouer au solitaire à plusieurs ?
Le solitaire, par définition, se joue seul — c'est même l'origine de son nom. Il existe des jeux de cartes à deux inspirés des mêmes principes, mais ils ont leurs propres règles.

Les variantes les plus jouées

Toutes les règles ci-dessus s'appliquent — chaque variante incline simplement le socle commun.